Romandie News
02/07/2009
BRUXELLES - Les socialistes ont mis en garde jeudi le Parti Populaire Européen (PPE)
contre toute alliance avec les forces anti-européennes au Parlement européen pour tenter de reconduire José Manuel Barroso à la tête de la Commission en juillet.
"Les élus de notre groupe sont opposés à l'unanimité à l'organisation d'un vote en
juillet" pour reconduire M. Barroso, a annoncé au cours d'une conférence de presse l'Allemand Martin Schulz, président de la deuxième force politique du Parlement européen avec 184
élus.
L'Alliance des libéraux et des démocrates (ALDE), troisième force avec 84 élus, et le
Parti des Verts (54 élus), sont également opposés à un vote dès la session inaugurale du nouveau Parlement, le 15 juillet à Strasbourg.
Mais le Parti Populaire Européen (264 élus) pousse pour ce vote dès juillet et serait
tenté de s'allier avec les 55 élus eurosceptiques du groupe Réformateurs et Conservateurs Européens, formé par les conservateurs britanniques, Polonais et Tchèques.
"Je recommande au PPE de ne pas collaborer avec ces gens", a déclaré M.
Schulz.
"Je n'ai pas le sentiment que la majorité des élus du PPE qui se sont débarrassés des
conservateurs britanniques aient envie de dépendre d'eux", a-t-il estimé.
"Les Libéraux se sont également prononcés en ce sens et je pense que c'est raisonnable",
a souligné M. Schulz.
"Sans les socialistes, constituer une majorité ne devient possible qu'en faisant appel
aux anti-européens et aux eurosceptiques", a-t-il précisé, insistant sur l'impossibilité pour les deux grandes formations de dominer seules le Parlement européen.
"Nous devons organiser une majorité pour empêcher un vote en juillet, et c'est un
travail de titan", a-t-il assuré.
M. Barroso a en effet entrepris de solliciter personnellement chacun des élus
socialistes pour lui demander son soutien, a confié Martin Schulz à quelques journalistes.
Ses efforts se portent sur les Espagnols (21), les Portugais (7) et les Britanniques
(13), trois pays gouvernés par des socialistes et dont les dirigeants soutiennent sa reconduction à la présidence de la Commission.
M. Barroso fait de même avec les élus libéraux et démocrates du groupe ALDE, a-t-on
appris.
"Notre groupe considère que la décision de reconduire Barroso est mauvaise. Il n'est pas
le bon candidat. Mais les chefs d'Etat et de gouvernement sont d'un avis différent", a reconnu M. Schulz.
"Je ne sais pas si les 27 soutiendront encore Barroso après le 15 juillet", a-t-il
toutefois déclaré.
Martin Schulz a insisté sur le fait que M. Barroso n'avait pas encore été formellement
désigné comme candidat par les dirigeants de l'UE.
Il ne lui ont pour l'instant accordé qu'un "soutien politique", à charge pour lui de
trouver une majorité au Parlement européen.
"Nous attendons de voir qui sera leur candidat officiel et quel sera son programme",
a-t-il expliqué.
"Nous voulons signifier aux dirigeants de l'UE que nous ne faisons pas simplement ce
qu'ils veulent", a-t-il conclu.
(©AFP / 02 juillet 2009
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